Jules Camus : Un destin à la mesure de l’homme...

Jules Camus

Le Dct Jules Camus, Bourgmestre de la ville d’Andenne.
Source: Bibliotheca-Andana, coll. Louis Noël

Invitation à la population andennaise de pavoiser les habitations en témoignage de sympathie pour la proclamation de Mr Jules Camus, Bourgmestre, le 14 juillet 1912.
Source: Bibliotheca-Andana, coll. Ville d’Andenne

Pour entamer cette année 2014 qui verra la commémoration du centenaire des événements tragiques que vécut notre ville en 1914, il nous semble opportun de faire un focus sur cette période. Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir une personnalité marquante de notre histoire : le docteur Jules Camus.

Jules Ghislain Denis Camus est un enfant de notre cité, né le 9 octobre 1850, fils de Florence Guisline Charlotte Camus. Dès son plus jeune âge, Jules Camus manifesta un caractère bien trempé.

Il épousa à Liège, le 9 septembre 1876, Florence Chantraine, une fille de meunier qu’il avait peut-être rencontrée lors de ses études de médecin, à l’université de Liège.

Le couple s’installa rapidement à Andenne où Jules Camus devint dès 1876 le médecin de divers établissements charitables (Gesves 1876-1879, Andenne 1878-1902, Seilles 1878-1895, Sclayn 1900), de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord belge en 1879 et de la Gendarmerie en 1887…

Bref, un homme engagé dans l’exercice de son métier à un point tel que le secrétaire communal Pirsoul écrivait en février 1907 pour l’obtention par Jules Camus de la croix civique de 1ère classe : « Jules Camus a donné des soins constants et on ne peut plus dévoués, au péril de sa vie, au cours des épidémies de variole, de typhus, de diphtérie et de choléra qui ont éclaté dans le canton d’Andenne de 1876 à 1906… C’est grâce au rare dévouement de ce praticien auprès de ses malades que presque tous ont pu échapper à la mort… »

Avec une telle expérience de vie, il n’y avait rien d’étonnant que Jules Camus entra en politique comme en sacerdoce et qu’il fut considéré comme une personnalité de premier plan, dominant la scène politique andennaise pendant un quart de siècle.

D’un caractère entier, ne supportant aucune contradiction, Jules Camus était un rude jouteur, ce qui lui valut de féroces inimitiés. Il dut par conséquent assumer longtemps un rôle d’échevin tout en régnant en maître au conseil et au collège communal, dirigeant à son gré les affaires de la commune.

Le 15 octobre 1911 se déroulèrent les dernières élections communales d’avant-guerre qui furent à la mesure du personnage, se résumant en une lutte entre « Camusards » et « Anticamusards ». La liste menée par Jules Camus fut largement plébiscitée obligeant enfin le Gouvernement national à lui accorder le titre de bourgmestre par arrêté royal le 10 juillet 1912.

Cette consécration fut de courte durée car c’était sans compter sur la violation de la neutralité de la Belgique par l’armée allemande le 4 août 1914 et l’arrivée des premiers soldats allemands dans notre ville le 19 août 1914. Fidèle à lui-même, il perdit la vie le 20 août 1914.

Résidant rue Brun, son corps fut retrouvé à 300 m de son habitation, à proximité de la pharmacie Guilitte. « On ne sait s’il y a été transporté par les assassins ou si M. Camus, lui-même blessé, s’est traîné jusqu’à cet endroit » précise la Ville d’Andenne dans un courrier. Son corps fut inhumé au « cimetière des Fusillés » avec bon nombre de ses compatriotes qui vécurent le même tragique destin.

Comme le dit avec justesse le docteur Melin en conclusion de son livre : « (…) Il a gravé dans l’histoire d’Andenne l’impérissable souvenir de la brillante intelligence, de l’inlassable activité et de l’indomptable énergie qu’il apporta dans l’administration des affaires communales et qui le firent contribuer si largement à l’embellissement de sa ville natale. Sa fin douloureuse symbolisera le martyre de la cité d’Andenne. »

Il est et restera, pour nous et les générations futures, un exemple de courage et de dévouement !