Crimes de guerre

Les responsabilités

Photos de diverses victimes.
Source: de Saint-Omer, H., Livre d’or du canton d’Andenne. Andenne La Martyre commémore ses Héros et glorifie ses Martyrs (4, 8 et 21 août 1919). Liste officielle des Combattants, Martyrs, Déportés et Morts pour la patrie du Canton d’Andenne, Namur, 1920).

Les massacres d’août 1914 placeront rapidement l’Allemagne dans une position délicate sur le plan international. Pour tenter d’innocenter les coupables, l’envahisseur exploitera rapidement le mythe des francs-tireurs. Ainsi, le Bureau militaire d’enquête sur les violations du droit de guerre publiera en 1915 un « Livre blanc » réunissant les accusations portées contre la population belge (Die völkrrechswidrige Fürhung des belgischen Volkskriegs : Le caractère non-conforme au droit des gens de la guerre populaire belge). Le chapitre relatif aux événements d’Andenne se nomme Belgischer Volkaufstand in Andenne am 20 August 1914.

En 1916, le gouvernement belge réfutera les arguments allemands dans son Livre gris.

En 1927, le Parlement de Weimar couvrira de son autorité le rapport Der belgische Volkskrieg du professeur Meurer de l’université de Würzburg rééditant les accusations initiales développées durant la guerre et déplaçant la responsabilité des massacres sur le dos de la population. L’avènement du régime nazi en 1933 clôturera définitivement ce chapitre et les crimes commis lors de la Seconde Guerre mondiale firent passer au second plan les massacres de 1914 qui, jusqu’à ce jour, n’ont toujours pas été reconnus officiellement par le Gouvernement allemand.

Le 6 mai 2001, au nom de la République fédérale d’Allemagne, le secrétaire d’Etat à la Défense est venu requérir le pardon de la Ville de Dinant et de ses habitants pour les crimes commis sur les civils. Les autorités communales andennaises, conviées à cette cérémonie, déclinèrent l’invitation.

Le collège échevinal avait posé la question de savoir si la République fédérale d’Allemagne « reconnaissait » aussi sa faute pour les événements douloureux survenus à Andenne. Les édiles andennais estimaient en outre qu’il ne leur incombait pas de pardonner officiellement, cette décision appartenant en priorité et en conscience aux familles des victimes. Rappelons que la Ville d’Andenne en 1990 avait déjà scellé un jumelage avec la Ville de Bergheim, en Rhénanie, soulignant par ce geste sa volonté de construire un avenir durable de paix et de sérénité retrouvée dans un contexte européen.  

VANDENBROUCKE Jacques, « Andenne-Seilles. Le sac et les massacres les 20 et 21 août 1914 » dans Les villes martyres belges août-septembre 1914, Tixhon A. et Derez M. (dir.), Presses Universitaires de Namur, Namur, 2014, p. 22.

CONRAADS Daniel et NAHOE Dominique, « Sur les traces de 14-18 en Wallonie » dans La mémoire du patrimoine, Institut du Patrimoine Wallon, Namur, 2013, p. 110.